Le psychopompe — du grec psychopompós, « conducteur d'âmes » — désigne toute entité qui guide les défunts vers l'au-delà. C'est l'une des constantes les plus stables de l'anthropologie funéraire : presque toutes les traditions ont leur figure de passeur.

Liste comparée : Hermès chez les Grecs, dans ses fonctions de messager entre les mondes ; Charon, plus prosaïquement, fait traverser le Styx contre l'obole ; Anubis en Égypte préside au tribunal d'Osiris ; les Valkyries dans le Nord choisissent les guerriers dignes du Valhalla ; l'archange Michel dans le christianisme pèse les âmes au jugement ; Yama au Tibet et en Inde juge les morts ; 'Azrāʾīl, l'ange de la mort, dans l'islam ; Xolotl, chien-divinité guidant les morts au Mictlán.

Cette universalité dit quelque chose : le mort ne voyage pas seul. La transition entre les mondes appelle une médiation. Carl Gustav Jung a vu dans cette figure un archétype profond de la psyché : l'instance intérieure qui accompagne les transitions majeures de l'existence.

Étymologie

Grec ψυχοπομπός (psychopompós), de psyché (âme) et pompós (guide, conducteur).

Sources

Homère, Odyssée XXIV (Hermès psychopompe) — Virgile, Énéide VI (Charon) — Carl Gustav Jung, Aïon, 1951.

Voir aussi

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