Le Mictlán est, dans la cosmologie mexica, le séjour de la grande majorité des morts — ceux qui ne sont pas tombés au combat, ni morts en couches, ni noyés. Ces destins spéciaux, qui ouvrent l'accès au soleil, aux étoiles guerrières ou au Tlalocan pluvieux, sont minoritaires.

Pour tous les autres, le voyage dure quatre années et traverse neuf niveaux successifs codifiés dans le Codex Vaticanus A et le Codex de Florence de Sahagún. Le défunt y franchit : des montagnes qui s'entrechoquent ; un fleuve traversé par un chien xoloitzcuintle ; un sentier où le vent souffle des couteaux d'obsidienne ; des plaines glacées ; une montagne de neuf collines.

Au neuvième niveau, le défunt rejoint Mictlantecuhtli, seigneur des morts à la mâchoire dévorante, et son épouse Mictecacihuatl. Le voyage achevé, il cesse d'exister — ni renaissance ni résurrection, simplement le repos. C'est une eschatologie sans récompense ni châtiment.

Étymologie

Náhuatl mictlān, de miqui (mourir) et du locatif -tlan — « lieu des morts ».

Sources

Bernardino de Sahagún, Codex de Florence (Historia general de las cosas de Nueva España), XVIᵉ s. — Codex Vaticanus A (Ríos), XVIᵉ s. — Christian Duverger, L'Origine des Aztèques, 2003.

Voir aussi

Xibalba

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