Le Plérôme est, dans la cosmologie gnostique des premiers siècles chrétiens, la plénitude lumineuse du divin véritable — distinct du monde matériel créé par le Démiurge, dieu inférieur, ignorant ou malveillant selon les écoles.
Selon les gnostiques valentiniens (IIᵉ s.), le Plérôme est peuplé d'« éons » — couples divins ou émanations — dont la chute partielle (la Sophia tombant hors du Plérôme) a engendré le monde matériel. Chaque être humain porte en lui une étincelle (pneuma) de cette plénitude originelle. Le salut consiste à reconnaître cette origine et à rejoindre le Plérôme après la mort.
Le gnosticisme a été combattu comme hérésie par les Pères de l'Église (Irénée, Tertullien, Hippolyte) et largement effacé jusqu'à la découverte de la bibliothèque de Nag Hammadi en 1945, qui a restitué de nombreux textes (Évangile de Vérité, Évangile de Thomas, Évangile selon Marie, etc.). Sa structure influencera durablement l'ésotérisme occidental : kabbale, alchimie, théosophie.
Étymologie
Grec πλήρωμα (plērōma), de pléres (plein) — « plénitude », « ce qui est rempli ».
Sources
Évangile de Vérité, IIᵉ s. (Nag Hammadi) — Irénée de Lyon, Contre les hérésies, fin IIᵉ s. — Hans Jonas, La Religion gnostique, 1958.