Le Dévachan est, dans le système théosophique de Helena Blavatsky et de l'Anthroposophie de Rudolf Steiner, l'état post-mortem de béatitude où séjourne l'âme entre deux incarnations. Il succède au kāmaloka, plan astral où se sont dissous les désirs résiduels.

Dans le Dévachan, l'âme expérimente sous forme intensifiée et purifiée le meilleur de sa vie passée — affections, aspirations spirituelles, créations intellectuelles — comme dans un rêve d'une réalité supérieure. Steiner décrit ce séjour comme une école : c'est là que l'âme assimile l'expérience de la vie, prépare sa prochaine incarnation, et choisit (avec d'autres) les conditions où elle se réincarnera.

La durée du Dévachan dépend des affinités spirituelles : très courte pour une âme matérialiste, longue pour une âme spirituelle. Steiner évoquait régulièrement plusieurs centaines d'années entre deux incarnations.

Le terme et le concept sont des emprunts au bouddhisme — notamment à Sukhavati — adaptés par Blavatsky dans son syncrétisme oriental-occidental.

Étymologie

Sanskrit devachan, contraction de deva-sthāna — « demeure des dieux ». Terme rare dans le sanskrit classique, emprunt tardif au tibétain bDe-ba-can.

Sources

H. P. Blavatsky, La Doctrine Secrète, 1888 — Rudolf Steiner, La Science de l'occulte, 1910 ; Théosophie, 1904.

Voir aussi

Gilgul · Sephirot

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