Le gilgul (ou gilgul neshamot, « roulement des âmes ») est la doctrine kabbalistique de la transmigration des âmes. Étrangère au judaïsme rabbinique classique, elle apparaît au Moyen Âge dans le Bahir (XIIᵉ s.) et le Zohar (XIIIᵉ s.), puis devient centrale dans la kabbale lourianique de Safed (XVIᵉ s.).
Selon Isaac Louria, les âmes inachevées — qui n'ont pas accompli toutes les mitzvot, ou commis des fautes spécifiques — reviennent dans des corps successifs pour réparer (tikkun) leurs manquements. La doctrine s'inscrit dans la cosmologie lourianique du shevirat ha-kelim (brisure des vases) : la création est blessée, le travail de l'âme à travers ses incarnations participe à la réparation cosmique.
Contrairement au samsara indien, le gilgul n'est pas une condition générale de l'existence mais une exception, réservée aux âmes qui en ont besoin. Le hassidisme oriental en a fait l'une de ses doctrines populaires, racontant parfois les vies antérieures supposées des grands rabbins.
Étymologie
Hébreu גלגול נשמות (gilgul neshamot) — « roulement des âmes », de la racine גלל (rouler).
Sources
Sefer Ha-Bahir, XIIᵉ s. — Zohar, XIIIᵉ s. — Hayyim Vital, Sefer Ha-Gilgulim, XVIᵉ s. — Gershom Scholem, La Kabbale et sa symbolique, 1960.