Le Samsara est, dans les traditions indiennes — hindouisme, bouddhisme, jaïnisme, sikhisme —, le concept central qui structure la pensée de l'au-delà. Tous les êtres, depuis les insectes jusqu'aux dieux, sont pris dans ce cycle indéfini où chaque mort est suivie d'une renaissance, et chaque renaissance d'une mort.
La trajectoire dans le Samsara est gouvernée par la loi du karma, la rétribution morale des actes : les actions bonnes et mauvaises de cette vie déterminent les conditions de la suivante. Renaître homme, femme, animal, dieu, démon ou être infernal n'est pas un hasard mais une conséquence. L'enseignement bouddhique précise que même les renaissances divines ne sont pas éternelles : le dieu finit par mourir et renaître à un niveau inférieur, quand son mérite accumulé s'épuise.
L'enjeu, pour les traditions indiennes, n'est donc pas d'obtenir une bonne renaissance — ce serait reculer pour mieux sauter — mais de sortir du cycle. Cette sortie s'appelle Moksha dans l'hindouisme, Nirvana dans le bouddhisme.
Étymologie
Sanskrit saṃsāra (संसार), de la racine √sṛ, « couler, errer » — littéralement « écoulement continu », « errance ».
Sources
Brihadaranyaka Upanishad, VIIIᵉ s. av. J.-C. — Bhagavad Gita, II, 12–22 — Dhammapada, sutras pâlis du canon bouddhique.