Le Moksha est, dans l'hindouisme, le but suprême de l'existence humaine. C'est la quatrième et dernière des puruṣārtha, les fins de la vie : après le devoir (dharma), le succès matériel (artha) et le plaisir (kāma), vient la libération.
Selon les Upanishads, la libération survient lorsque l'âme individuelle — l'atman — reconnaît qu'elle n'est pas distincte de l'absolu impersonnel — le Brahman. Cette reconnaissance n'est pas une croyance mais une expérience directe, souvent comparée à la goutte qui retourne à l'océan : la séparation n'est qu'illusion (māyā).
Plusieurs voies (yoga) sont reconnues : la connaissance (jñāna-yoga), l'action désintéressée (karma-yoga), la dévotion (bhakti-yoga) et la maîtrise mentale (rāja-yoga). Tous mènent au même résultat : la sortie définitive du Samsara. Le libéré vivant (jīvanmukta) continue d'habiter son corps mais a déjà atteint la libération.
Étymologie
Sanskrit mokṣa (मोक्ष), de la racine √muc (libérer, détacher) — « délivrance ».
Sources
Chandogya Upanishad, VIIIᵉ s. av. J.-C. — Bhagavad Gita — Shankara, Brahmasūtra-bhāṣya, VIIIᵉ s. — Ramanuja, XIᵉ s.