Le bardo désigne, dans le bouddhisme tibétain, la phase de transition qui sépare la mort d'une renaissance. Traditionnellement décomposée en plusieurs sous-bardos — le chikhai bardo (moment de la mort, où apparaît la lumière claire de la réalité ultime), le chönyi bardo (rencontre avec les divinités paisibles puis courroucées), et le sidpa bardo (préparation de la prochaine renaissance) — elle s'étend, selon la tradition, sur quarante-neuf jours.

Le défunt y traverse une succession de visions : d'abord paisibles, puis effrayantes. Le rôle de l'enseignement bouddhiste — porté par le célèbre Bardo Thödol — est de lui apprendre à les reconnaître comme des projections de son propre esprit, et non comme des réalités extérieures. Reconnaître, c'est se libérer ; ne pas reconnaître, c'est renaître selon la loi du karma.

Le concept ne se limite d'ailleurs pas à l'après-mort : la tradition tibétaine recense six bardos, dont celui du rêve, celui de la méditation profonde, et celui de la vie elle-même. Toute existence est une traversée.

Étymologie

Du tibétain bar do (བར་དོ་), littéralement « entre deux ». Le terme apparaît dans les textes tibétains à partir du VIIIᵉ siècle.

Sources

Padmasambhava (attrib.), Bardo Thödol, VIIIᵉ s. — W. Y. Evans-Wentz, The Tibetan Book of the Dead, 1927 — C. G. Jung, préface psychologique à l'édition de 1935 — Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort, 1992.

Voir aussi

Bardo Thödol · Samsara · Nirvana

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