Le Nirvana est, dans le bouddhisme, l'objectif ultime de la pratique spirituelle. Mais c'est aussi l'un des concepts les plus mal traduits par l'Occident. Le mot ne signifie pas « paradis », « béatitude » ou « bonheur éternel ». Il signifie littéralement « extinction » — comme on souffle une flamme.
Ce qui s'éteint, dans le Nirvana, ce ne sont ni la conscience ni l'être : ce sont les trois « poisons » qui maintiennent l'individu dans le Samsara — l'avidité (lobha), la haine (dosa) et l'ignorance (moha). Avec eux disparaît le karma, et donc la nécessité de renaître.
Le Bouddha, interrogé sur ce qui « reste » de l'éveillé après la mort, refusait systématiquement de répondre : la question même supposait un soi à propos duquel il n'y a rien à dire (doctrine de l'anatman, le non-soi). Le Nirvana n'est ni l'existence ni la non-existence ; il est « l'au-delà des contraires », hors des catégories de la pensée ordinaire.
Étymologie
Sanskrit nirvāṇa (निर्वाण), du préfixe nir- (hors de) et de la racine √vā (souffler) — « soufflé », « éteint ».
Sources
Dhammapada, canon pâli — sutras Mahayana : Prajñāpāramitā, Lankavatara — Nagarjuna, Mūlamadhyamakakārikā, IIᵉ s.