Le Bardo Thödol est récité au mourant — puis, dans certaines traditions, à son cadavre — pour le guider à travers les quarante-neuf jours du bardo, l'état intermédiaire entre la mort et la prochaine vie. Son titre tibétain complet, Bar do thos grol, signifie littéralement « libération (grol) par l'écoute (thos) dans l'entre-deux (bar do) ».

Le texte décrit avec une précision saisissante la phénoménologie de la mort : la dissolution successive des quatre éléments (terre, eau, feu, air) dans le corps mourant ; l'apparition de la « lumière claire » de la nature de l'esprit ; les divinités paisibles puis courroucées qui se manifestent durant les jours suivants. L'instruction centrale est répétée : ces apparitions sont des projections de l'esprit du défunt, non des réalités extérieures. Les reconnaître, c'est obtenir la libération.

Découvert tardivement par l'Occident — édition Evans-Wentz en 1927, préface de Jung en 1935 —, le Bardo Thödol a profondément influencé la psychologie analytique, la beat generation (Leary, Ginsberg) et l'anthropologie de la mort contemporaine.

Étymologie

Tibétain བར་དོ་ཐོས་གྲོལ (bar do thos grol) — « libération par l'écoute dans l'entre-deux ».

Sources

Padmasambhava (attrib.), tradition orale du Vajrayana — édition révélée par Karma Lingpa au XIVᵉ siècle — traduction française de référence : Philippe Cornu, Buchet/Chastel, 2009.

Voir aussi

Bardo · Samsara · Nirvana

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