L'Hadès est à la fois un dieu et un lieu. Frère de Zeus et de Poséidon, il reçoit en partage le monde souterrain lors du partage cosmique des trois domaines. Sa parèdre est Perséphone, qu'il enlève au monde des vivants — le mythe explique le cycle des saisons.
L'Hadès homérique (Iliade, Odyssée) est moins un lieu de châtiment qu'un séjour d'amoindrissement. Tous les défunts y vont, justes et coupables confondus, traversant le Styx sur la barque de Charon après avoir offert l'obole rituelle. Les ombres y mènent une existence pâle, sans force ni mémoire — sauf quand on leur donne à boire du sang d'animal sacrifié.
Chez Platon (République, Gorgias) et Virgile (Énéide VI), la géographie se complexifie : trois juges au seuil (Minos, Rhadamanthe, Éaque), des compartiments différenciés selon les mérites — Tartare, Champs-Élysées, plaine d'Asphodèle —, Cerbère gardant la sortie.
Étymologie
Grec Ἅιδης (Háidēs), de a- privatif et idein (voir) — « l'invisible ».
Sources
Homère, Iliade, Odyssée (chant XI) — Hésiode, Théogonie — Platon, Gorgias, République X — Virgile, Énéide, livre VI.