Libitina est, dans le panthéon romain, la déesse des funérailles et de l'administration de la mort. Son temple, situé sur le mont Esquilin à Rome, abritait les registres officiels des décès de la cité — un véritable état civil des morts.

Les libitinarii, employés du temple, étaient les pompes funèbres de la capitale : embaumeurs, porteurs, organisateurs des cortèges, marchands de cercueils. Leur corporation, mal vue mais nécessaire, vivait en marge de la cité. Les morts qu'ils traitaient pouvaient être réclamés moyennant taxe.

Libitina dit assez ce qui distingue la pensée romaine de la pensée grecque : ici, la mort n'est pas d'abord un voyage mythologique mais un fait administratif, intégré à la vie publique. Le pragmatisme romain s'étendait jusqu'aux enfers. Plus tard, par syncrétisme, Libitina sera identifiée à Vénus Libitina, fusion symbolique de l'amour et de la mort.

Étymologie

Latin Libitina, étymologie discutée — peut-être lié à libido (désir).

Sources

Plutarque, Vie de Numa — Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines IV — Dion Cassius.

Voir aussi

Psychopompe

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