Le Ka est, dans l'anthropologie égyptienne ancienne, l'une des composantes de la personne humaine — distinct du corps, du ba (principe de mobilité), de l'akh (esprit transfiguré), du ren (nom) et du shéout (ombre).
Le Ka est conçu comme un double énergétique, force vitale qui anime le vivant et qui, après la mort, doit continuer à se nourrir et à se loger. C'est pourquoi les Égyptiens momifiaient les corps (pour offrir au Ka un refuge), pourquoi ils déposaient des offrandes alimentaires dans les tombes, pourquoi ils multipliaient les statues du défunt (chacune pouvant devenir résidence du Ka).
La statue funéraire (tut) n'était donc pas une représentation décorative : elle était le Ka, ou plus exactement son lieu d'incarnation possible. Détruire la statue, c'était attenter à la persistance du défunt — d'où la pratique du damnatio memoriae par martelage des cartouches royaux.
Cette doctrine constitue l'un des archétypes de la pensée par participation que l'anthropologue Lucien Lévy-Bruhl théorisera bien plus tard, et que L'Image et l'Âme explore en détail.
Étymologie
Égyptien ancien kꜣ, hiéroglyphe représentant deux bras levés.
Sources
Textes des Pyramides, IIIᵉ millénaire — Jan Assmann, Mort et au-delà dans l'Égypte ancienne, 2003 — Erik Hornung, Les Dieux de l'Égypte, 1971.