Le Helheim est, dans la mythologie nordique, le séjour des morts ordinaires : ceux qui meurent de maladie, de vieillesse ou d'accident, sans participer au combat. Il est situé sous la racine la plus septentrionale de l'arbre-monde Yggdrasil, dans le brouillard du Niflheim.
Le royaume est gouverné par Hel, fille de Loki, dont le corps est moitié vivant et moitié pourrissant. Sa salle se nomme Éljúðnir, son seuil Préoccupation, son lit Maladie, et son couteau Famine — détails qui disent la qualité du séjour. Le défunt y arrive par le pont Gjallarbrú au-dessus du fleuve Gjöll, gardé par la géante Móðguðr.
Helheim n'est pas exactement un enfer au sens chrétien : il n'y a pas de tortures, pas de châtiment proprement dit. C'est plutôt une plaine d'oubli et de monotonie, à laquelle on n'échappe pas — sauf, exceptionnellement, si l'on est aimé au point d'inspirer une descente comme celle de Hermóðr pour ramener Baldr.
Étymologie
Vieux norrois Hel, de la racine indo-européenne *kel- (cacher, dissimuler) — apparenté à l'allemand Hölle et à l'anglais hell, dont le sens chrétien s'est superposé.
Sources
Edda poétique (Baldrs draumar) — Snorri Sturluson, Gylfaginning, c. 1220.