Le Barzakh est, dans la cosmologie islamique, l'état intermédiaire entre la mort individuelle et la résurrection collective au Yawm al-Qiyāmah, Jour du Jugement. Le Coran l'évoque dans la sourate Al-Mu'minûn : « Et derrière eux est un Barzakh, jusqu'au jour où ils seront ressuscités » (XXIII, 100).

Le mot signifie littéralement « barrière » ou « isthme » en arabe. Il désigne à la fois une frontière infranchissable entre le monde des vivants et celui des morts, et un séjour temporaire des âmes — sortes de limbes — où elles attendent la résurrection. Selon la tradition (hadiths), le défunt y est interrogé dès les premiers instants par les anges Munkar et Nakir sur sa foi.

Dans la pensée soufie, le Barzakh prend une dimension métaphysique plus large. Ibn Arabi (XIIIᵉ s.) en fait l'espace de l'imagination active, intermédiaire entre le monde sensible et le monde intelligible, où circulent les images, les rêves et les visions. Le Barzakh est alors moins un lieu qu'une modalité de l'être.

Étymologie

Arabe برزخ (barzakh) — « barrière », « isthme ». D'origine probablement persane (farsakh, mesure de distance, ou par-zakh).

Sources

Coran, sourate XXIII (Al-Mu'minûn), v. 100 ; sourate XXV (Al-Furqân), v. 53 — Ibn Arabi, Fuṣūṣ al-Ḥikam, XIIIᵉ s. — Henry Corbin, Corps spirituel et terre céleste, 1979.

Voir aussi

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